GIR 1 à 6 : comment votre autonomie est évaluée, et pourquoi ça compte
Beaucoup de personnes renoncent en croyant qu'il faut être « assez dépendant » pour avoir droit à MaPrimeAdapt'. C'est l'inverse de l'esprit du dispositif, qui est préventif.
Quand le GIR est demandé, et quand il ne l'est pas
Trois portes d'entrée existent pour MaPrimeAdapt', et une seule passe par le GIR. À partir de 70 ans, aucune évaluation n'est nécessaire : l'âge suffit, sous réserve des conditions de ressources. En situation de handicap, un taux d'incapacité d'au moins 50 % ou le bénéfice de la PCH ouvrent le droit, sans condition d'âge.
C'est uniquement entre 60 et 69 ans qu'un GIR compris entre 1 et 6 doit être justifié. Et c'est là que la confusion commence.
GIR 1 à 6 : cela couvre tout le monde
La grille AGGIR classe les personnes en six groupes iso-ressources, du plus dépendant au plus autonome. Le GIR 1 correspond aux personnes confinées au lit ou au fauteuil dont les fonctions mentales sont gravement altérées. À l'autre extrémité, le GIR 6 désigne les personnes autonomes pour tous les actes essentiels de la vie courante.
Autrement dit, exiger un « GIR 1 à 6 » revient à demander une évaluation, pas un niveau de dépendance. Une personne parfaitement autonome est en GIR 6, et le GIR 6 est éligible. C'est le point que nous devons expliquer presque à chaque appel : on nous dit « ma mère va très bien, elle ne rentrera jamais dans les cases », alors qu'elle y est déjà.
Ce que regarde concrètement la grille
L'évaluation porte sur des activités observables, pas sur des diagnostics médicaux. Dix variables dites discriminantes sont notées : cohérence, orientation, toilette, habillage, alimentation, élimination, transferts, déplacements à l'intérieur, déplacements à l'extérieur, communication à distance.
Chacune est cotée selon que l'activité est faite seul, spontanément, totalement et habituellement — ou non. Ce sont ces quatre adverbes qui font la différence : quelqu'un qui se lave seul mais met quarante minutes et évite la baignoire ne coche pas « habituellement » et « totalement » de la même façon que six mois plus tôt.
Qui réalise l'évaluation
Si vous percevez déjà l'APA, votre GIR est connu : il figure sur la notification du conseil départemental, et ce document suffit. L'APA n'étant ouverte qu'aux GIR 1 à 4, cette voie ne concerne qu'une partie des demandeurs.
Sinon, l'évaluation est réalisée dans le cadre de l'accompagnement, par un professionnel formé à la grille. Elle se fait à domicile, en même temps que la visite d'évaluation du logement, ce qui évite un déplacement supplémentaire. Un médecin traitant peut également établir le classement.
Pourquoi l'évaluation à domicile change le dossier
Un point pratique qui a des conséquences réelles : la grille se remplit beaucoup mieux chez vous qu'en consultation. Une salle de bain se juge en regardant quelqu'un s'approcher de la baignoire, pas en le lui demandant.
C'est aussi ce qui relie l'évaluation aux travaux demandés. L'ANAH vérifie que les adaptations financées répondent à un besoin identifié. Un dossier où le GIR est établi à domicile, dans la continuité du diagnostic du logement, est nettement plus solide qu'un dossier où les deux documents ont été produits séparément.
Le GIR ne détermine pas le montant de l'aide
Dernière confusion fréquente : le GIR conditionne l'éligibilité entre 60 et 69 ans, mais il n'entre pas dans le calcul du montant. Ce sont vos ressources qui fixent le taux — 70 % pour les ménages très modestes, 50 % pour les ménages modestes — dans la limite d'un plafond de travaux de 22 000 € HT.
Un GIR 6 et un GIR 3 aux mêmes revenus perçoivent donc la même aide sur le même projet. Ce qui varie, ce sont les travaux justifiés par la situation, pas le pourcentage.

